samedi 5 septembre 2015

15 choses qui m'ont surpris en Colombie

Comme mes compatriotes en ont marre que je critique la Belgique depuis mon retour (et je les comprends), j'ai décidé d'être moins négatif et de me concentrer sur les choses qui m'ont surpris en Colombie. Cela donnera peut-être l'idée à certains de les importer quand c'est possible ou qui sait, de planifier leur prochain grand voyage.

1) La gentillesse et la bienveillance
Au début, je me demandais ce qui se passait. Pourquoi ils sont tous gentils comme ça ? C'est la caméra cachée ou quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait? Est-ce que c'est parce que je suis étranger ? Non, ils sont comme ça entre eux aussi. C'est une attitude générale de bienveillance. Par défaut, les gens sont sympathiques. Il n'y a rien à faire : quand on rentre à Bruxelles après, on a l'impression que tout le monde est un peu dépressif ou hargneux. Attention, il y a bien sûr des exceptions et comme me disait une Colombienne : « Tu sais, nous aussi parfois, on déprime ». Simplement, ils ont trouvé un bon truc pour que cela se voit moins : le sourire. Bon, en même temps, ils ont souvent des dents bien blanches. Ça aide.

2) La propreté
Bien sûr, tous les quartiers ne sont pas les mêmes. Mais dans la grande majorité des cas, les rues de Bogota ou de Medellin, les deux principales métropoles, sont étonnement propres. Les Colombiens semblent respecter leur environnement et leur infrastructure publique ; et ne jettent pas trop de déchets ou de mégots dans la rue. Les bus aussi sont toujours bien propres, même s'ils sont souvent bondés. C'est le contraste, après quatre mois là-bas, qui m'a surpris en rentrant à Bruxelles où nous nous sommes peut-être un peu habitués à la saleté au point de ne plus la voir ni même oser s'en offusquer.

3) L'hygiène
Il n'y a pas que l'hygiène dentaire qui est importante en Colombie. Elle est aussi très présente dans la restauration et pas uniquement chez les grandes enseignes. Le moindre vendeur de fruits dans la rue portera souvent des gants et un couvre-chef pour vous découper un avocat. Les Colombiens portent aussi une grande attention à leur hygiène corporelle. Même dans un bus bondé, on a l'impression que tout le monde sent bon. L'odeur des gens dans les transports en commun, à l'inverse, est quelque chose qui surprend beaucoup de Colombiens débarquant à Bruxelles ou Paris. Bon d'accord, c'est peut-être dû à leur taille. Les Colombiens sont généralement plus petits et nous arrivent souvent à hauteur d'aisselles...

4) La sécurité
Oubliez tout ce qu'on vous a montré à la télévision dans les années 80 et 90. La Colombie est en voie de gagner son pari. Elle referme progressivement un des chapitres les plus douloureux de son histoire. La présence policière est toujours importante et il y a beaucoup de gardes privés, mais cela n'est pas pesant. Ces agents servent aussi à indiquer le chemin ou à vérifier que tout se passe bien dans un immeuble. Ce sont très souvent des femmes (j'ai aussi croisé, en quatre mois, trois conductrices de taxi, plus que dans toute une vie en Belgique). En conséquence, après quelques jours, on finit par se sentir plus en sécurité en Colombie qu'ici. Bien sûr, certaines régions sont toujours l'objet de conflits armés mais personne ne va s'y aventurer. Les quartiers plus pauvres des villes exigent aussi certaines précautions d'usage (comme à Bruxelles, où on ne laissera pas son ordinateur visible dans sa voiture).

5) L'assurance "alcool au volant"
En Colombie, il existe des assurances voiture qui comprennent une option « chauffeur » dans le cas où on a décidé de sortir et de boire de l'alcool. Avant de partir, le chauffeur prévient où il compte faire la fête et donne une heure approximative de la fin de soirée arrosée (qu'il peut modifier par la suite). A l'heure dite, un chauffeur est envoyé et rapatrie tout le monde à domicile. L'alcool officiel de la Colombie est l'Aguardiente. Il peut vous trahir dès les premiers verres. L'idée de cette assurance « alcool au volant » aurait été importée du Japon.

6) Le faible tabagisme
Non seulement il n'y a pas beaucoup de mégots dans la rue, mais il n'y en a pas beaucoup non plus aux lèvres des Colombiens. Les interdictions de fumer sont souvent étendues aux terrasses des restaurants et dans certains espaces publics non couverts. Pourtant, le prix du paquet de cigarettes n'est pas très élevé (1 euro) et on en vend encore à la pièce. Simplement, les Colombiens n'aiment pas fumer. J'ai pensé à un moment que ce n'était qu'une impression, mais j'ai vérifié la liste des pays où l'on fume le plus dans le monde : la Grèce est première et la Belgique, 20ème. La Colombie, 84ème.

7) L'influence américaine
J'en ai déjà parlé précédemment à propos de la qualité du service à la clientèle ou de la conception de la sécurité. Les Colombiens sont Américains avant tout. Face aux Etats-Unis, ils ont souvent eu une relation d'amour-haine. Ils ont eu besoin d'eux à une époque pour sortir de leurs cauchemars, mais n'ont jamais voulu pour autant perdre leur âme. Le résultat est sans doute symbolisé par la chaîne Juan Valdez, concurrente de Starbuck's. On a pris le marketing et le service à l'américaine, mais on n'allait quand même pas laisser les « gringos » vendre du café en Colombie sans concurrence!

8) Les services à domicile
Vous voulez une boîte d'aspirine ? Un plat de pâtes ? Une bière fraîche ? Un service de manucure ? Ne bougez pas de votre fauteuil. On peut pratiquement tout se faire livrer à domicile dans les villes colombiennes. Le moindre petit magasin a un service de livraison. J'ignore d'où vient cette pratique généralisée. Peut-être des problèmes de sécurité d'antan ou à cause de la mobilité (Bogota est un enfer pour conduire). En tous les cas, c'est très pratique. Cela ne veut pas dire que les gens ne sortent plus. Au contraire. Mais au moins, si on oublie quelque chose, il y a toujours l'option « Domicilios ».

9) L'intérêt pour la nourriture saine et bio
La Colombie est le paradis des fruits exotiques. On trouve plus d'une centaine de variété de fruits, grâce à un climat très diversifié selon les régions. On sert des jus de fruits naturels un peu partout et c'est souvent ce que les gens boivent en mangeant. Certains vendeurs affichent, pour chaque variété, quelles sont les qualités nutritives et les vitamines associées. Les magasins, snacks ou restos « bio » fleurissent un peu partout dans les grandes villes.

10) La croissance de l'économie
La Colombie connaît des taux de croissance proches des 5% depuis quelques années et cela ne semble pas prêt de s'arrêter. Les buildings poussent comme des champignons et je ne me souviens pas d'avoir vu un commerce qui ne marchait pas. Les centres commerciaux sont ouverts le dimanche et les jours fériés et il y a toujours du monde. Il y a beaucoup d'investissements à faire et d'entreprises à créer en Colombie actuellement. Le pays s'ouvre à nouveau au reste du monde. L'esprit est à la créativité et à l'innovation. Ce renouveau économique se ressent évidemment dans l'attitude des Colombiens que j'ai croisés, très positifs quand on leur parle d'un projet ou d'une nouvelle idée. On y ressent comme l'impression qu'un « colombian dream » est en train de se réaliser.

11) Moins de stress
Un mot que j'ai souvent entendu en Colombie : « tranquilo ! ». Je me dépêchais, j'avais une attitude stressée sans doute. Relax ! Évidemment, je suis incapable d'évaluer le niveau de stress d'un individu. Mais en apparence en tous cas, la vie semble être moins stressante qu'en Europe. Un jour, je suis arrivé 35 minutes en retard à un rendez-vous chez le dentiste sans pouvoir l'avertir. Je me confondais en excuses. « Tranquilo ! » Bon, c'était à Bogota où un trajet en taxi de dix minutes peut finalement en prendre 45...

12) Les cabines téléphoniques humaines
Le système de facturation des télécommunications mobiles en Colombie est, paraît-il, kafkaïen. Avoir la 3G n'est pas un problème. La plupart des gens utilisent d'ailleurs Whatsapp pour communiquer comme dans beaucoup de pays d'Amérique latine. Mais pour appeler avec son téléphone, il faut avoir acheté des « minutes ». Et si on n'a plus de crédit, il y a une solution : les vendeurs de minutes dans la rue. Ce sont des gens qui portent sur eux deux ou trois GSM qu'ils prêtent pour un tarif de 100 à 200 pesos la minute, tous réseaux confondus. Cabine téléphonique humaine est donc un des nombreux métiers de rue pratiqués là-bas, apparemment un phénomène uniquement colombien.

13) L'humour
C'est peut-être le seul point commun que j'ai trouvé avec la Belgique. Les Colombiens aiment plaisanter et savent aussi rire d'eux-mêmes. Leur sens de l'humour est fin et peut être très sarcastique. Par moment, j'ai même eu l'impression qu'ils pratiquaient l'humour belge ! La fête nationale colombienne a lieu le 20 juillet. Chez nous, c'est le 21. Au fond, c'est peut-être nos cousins éloignés ? Qui sait...

14) Le climat
En Colombie, il n'y a pas vraiment de saisons. Le soleil se lève tous les jours à 6h et se couche à 18h environ, toute l'année (ce qui est parfois frustrant en juillet et août pour un européen appréciant les longues soirées d'été). Certains mois sont plus secs ou plus humides, mais les températures ne varient qu'en fonction de l'altitude. 32 à 36 degrés sur la côté caraïbe, 27 à 29 degrés à Medellin, 16 à 19 degrés à Bogota (en journée). Le phénomène El Niño peut modifier la donne mais je ne l'ai pas expérimenté.

15) Mais où est la coke ?
Je ne pouvais pas faire cet article sans m'attaquer à quelques clichés. Je n'ai évidemment pas cherché activement mais de ma première impression, cela n'a pas l'air facile de trouver de la cocaïne en Colombie. Beaucoup moins facile qu'à Bruxelles ! Je n'ai rencontré personne qui en avait déjà pris dans le passé. Cela n'a pas l'air très répandu. Un peu logique vu qu'ils ne fument déjà pas beaucoup de simples cigarettes. En tous les cas, comme me disait un Colombien, une chose est sûre : « Si on a produit beaucoup de cocaïne en Colombie dans le passé, c'est d'abord parce qu'il y avait des New-Yorkais ou des Parisiens pour en acheter ! ».