mardi 1 décembre 2015

Comment parler du niveau d'alerte à votre enfant terroriste ?

Il y a eu beaucoup d'articles de presse ces derniers temps pour aider les parents à gérer le traumatisme éventuel causé chez leurs bambins par le niveau d'alerte et les mesures de sécurité drastiques visibles en ville. Mais à ce jour, rien n'a été écrit pour accompagner les parents d'enfants terroristes. Or, ces derniers vivent eux aussi des moments difficiles. Pour certains, c'est même leur raison d'être qui est mis en péril. Rappelons en effet que sous le niveau d'alerte actuel, toutes les activités terroristes – imminentes ou non - sont totalement interdites sur le territoire de la région de Bruxelles-Capitale ! Combien de temps cela va-t-il durer ? On l'ignore. En attendant, de nombreux parents de terroristes doivent gérer la vie au quotidien. Certaines chaînes de télévision belges ont invité sur leurs plateaux des proches de terroristes, pour comprendre leur ressenti dans cette période difficile ou compatir à la douleur de leur famille. Mais aucun article, aucun expert-psychologue n'a abordé cette question en particulier : « Comment parler du niveau d'alerte à votre enfant terroriste ? »

Dites-lui de ne pas céder à la panique !
Certes, votre enfants terroriste doit faire attention et éviter de sortir armé en rue. Il y a beaucoup de contrôles et puis franchement, rien ne sert d'en rajouter. Cela ne vaut pas dire qu'il faut paniquer. Inutile de faire tout péter à la maison! Ce climat sécuritaire ne va sans doute pas durer et bientôt, il pourra bientôt aller jouer dehors comme avant.

Ecoutez ce qu'il a sur le cœur
Après quelques jours à la maison, votre enfant terroriste voudra peut-être se confier à vous, dire ce qu'il ressent, exprimer son vécu. La communication n'est pas facile pendant l'adolescence, en particulier entre 22 et 31 ans. C'est peut-être le moment de renouer le contact avec votre progéniture et de voir ce qu'il a sur le cœur. Vérifiez également ce qu'il a sur les hanches et si ça ressemble à des explosifs, éloignez-vous le plus vite possible.

Dites-lui de ne pas trop faire le malin
Si votre enfant est toujours scolarisé, dites-lui de ne pas trop se vanter sur ses activités terroristes dans la cour de récréation. Ses camarades pourraient ne pas apprécier et se plaindre auprès du surveillant qui est désormais armé d'une mitraillette, d'un revolver et de deux grenades. Ce conseil de faire profil bas vaut également dans la vie professionnelle. Pas un mot à ses collègues à la commune, à la Stib, ou même à la police si votre fils est lui-même gardien de la paix.

Proposez-lui de jouer à des jeux
Le manque d'activité peut vite amener un jeune en difficulté à une forme d'ennui. Ne laissez pas votre enfant tomber dans la dépression. Achetez-lui une mitraillette en plastique pour s'occuper ou proposez-lui de jouer à des jeux vidéo réalistes comme « Totalfield Heroes » ou « Totalwar » pour calmer ses pulsions meurtrières.

Éteignez la télévision !
Regarder ces éditions spéciales permanentes et ces images en boucle montrant Bruxelles rempli de policiers et de militaires pourrait causer un sentiment d'angoisse et d'étouffement chez votre enfant terroriste. Essayez d'éteindre la télévision pendant ces temps difficiles, sauf si évidemment il est lui-même interviewé dans une émission ou si sa photo est diffusée dans un avis de recherche.

Limitez l'accès aux réseaux sociaux
Une fois la télévision éteinte, votre enfant voudra peut-être se connecter à ses médias sociaux préférés et prendre des nouvelles de son ancien réseau. Inutile de tenter le diable. Veillez à ce qu'il ne passe pas ses journées connecté et apprenez-lui à publier des photos de chaton pour ne pas trop se faire remarquer.

Dites-lui la vérité
N'essayez pas de mentir à votre enfant terroriste ! Il est bien plus fort que vous à ce jeu-là et finira de toute façon par connaître la vérité. Dites-lui les choses telles qu'elles sont : c'est fini de rigoler, il est fort probable que la police débarque incessamment pour l'incarcérer pour de nombreuses années. C'est d'ailleurs le conseil le plus important à lui donner : non, il ne faut pas s'attendre à pouvoir reprendre une vie normale bientôt. Parce que le terrorisme, c'est pas une vie.