lundi 14 mars 2016

« La trêve », nouvelle campagne pro-tabac de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Avant toute chose, soyons clairs : je n'ai rien contre la série « La Trêve ». J'ai moi même été pris au piège du suspense créé par les scénaristes au fil des épisodes. J'attends dimanche prochain avec impatience et je trouve cela bien qu'on produise enfin des séries 100% belges. Il y a des talents d'acteurs et de réalisateurs indéniables chez nous et il faut les activer et les valoriser.
Bien sûr, j'ai été un peu étonné et parfois amusé par le nombre de clichés colportés dans le récit (policiers et bourgmestres corrompus, adolescents drogués, matchs truqués, meurtres d'enfants, etc.) mais au final, cela fait partie de l'ambiance glauque et c'est totalement assumé.
Il n'y a qu'une chose que je ne comprends pas dans « La trêve », c'est l'omniprésence de la cigarette à l'écran. Toutes les cinq minutes, on voit quelqu'un qui fume. On fume dans la voiture (de police parfois), on fume à la maison, on fume au sport, on fume même dans les bureaux du commissariat du petit village d'Heiderfeld. Au début, j'ai cru que l'histoire se passait dans les années quatre-vingt. Mais j'ai vérifié, ils ont des smartphones et du Wi-fi, donc on est bien censé être en Belgique en 2016. Je ne sais pas encore pourquoi la série s'appelle « La Trêve », mais en tous cas, ce n'est pas la trêve du tabac. J'ai même regardé le générique de fin pour voir si ce n'était pas sponsorisé par Philip Morris. Mais non, c'est la Fédération Wallonie Bruxelles qui finance cette série. Elle dépense aussi énormément d'argent dans des campagnes de prévention de la santé et de lutte contre le tabagisme. A quoi bon si c'est pour montrer des gens qui fument à tout bout de champ le dimanche soir à une heure de grande écoute ? Alors évidemment, je vois d'ici venir ceux qui crient déjà à l'indépendance artistique. Allez dire ça à Lucky Luke qui, sous la pression des associations américaines antitabac, a cessé de fumer en... 1983 et s'est mis à mordiller un brin de paille ce qui n'a rien changé à son succès. Quand la cigarette a un rôle à jouer dans le récit, il n'y a rien à dire. Mais sans connaître la fin de "La trêve" et vu l'état du corps de la première victime, je ne pense pas que la clope puisse finalement être la meurtrière. 

Fume, c'est du belge?

Par contre, en Belgique, elle tue. 18600 personnes par an. Pour faire une comparaison insolente, la cigarette tue 18 fois plus en Belgique que le port d'armes aux États-Unis. Cette semaine, il y a eu un grand débat en Flandre à propos de la politique antitabac. Les zoos d'Anvers et de Planckendael ont décidé de bannir totalement la cigarette de leurs parcs. Et l'association « Kom op tegen kanker » a sorti d'autres propositions dans ce sens, à l'occasion de la semaine nationale de lutte contre le cancer qui débute aujourd'hui. On se demande pourquoi ces interdictions sont encore des tabous alors qu'en France, pourtant réputée mondialement pour être une patrie de fumeurs, l'interdiction au volant est déjà d'application. Et ne parlons pas des Etats-Unis, pourtant très attachés aux libertés individuelles. Leur politique antitabac fonctionne : 15% des Américains fument, contre 27% de Belges. Cherchez l'erreur...
Mais bon, quand on regarde la série « La trêve », là on comprend tout. La cigarette fait partie de l'identité wallonne. Elle est sponsorisée par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pas de problème avec ça, mais alors assumons-le totalement et cessons de financer des campagnes anti-tabac avec l'argent du contribuable parce que, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il n'y en a plus beaucoup.


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