vendredi 4 mars 2016

Le néolibéralisme est très très méchant

Bonjour ! Vous êtes dans la version « low cost » de l'article « Le néolibéralisme est un fascisme », écrit par Manuela Cadelli, présidente de l'Association syndicale des magistrats. Je dois vous avouer un truc : à part le titre, je n'ai rien compris à ce qu'elle voulait dire. C'est vrai que le titre est assez percutant et de toute façon, de nos jours, les gens ne lisent plus que ça. Celui-là est taillé pour le partage sur les réseaux sociaux : « Le néolibéralisme est un fascisme ». Tu sors ça à la fin du mois de février d'une année bissextile quand tout le monde attend sa paie un jour de plus et tu as le buzz garanti ! Ce n'est plus un titre, c'est un « twitre ». Bon après, sur l'article lui-même, je n'ai pas grand chose à dire. Je l'admets : je n'ai rien compris. En même temps, je n'ai pas fait le droit, moi. Et je crois que je ne suis quand même pas le seul car il y a eu un grand débat très confus après. Sur trois éditoriaux et quatre réactions politiques, on a vite constaté que personne n'avait lu la même chose dans cet article. De mon côté, je crois savoir pourquoi je n'ai rien compris. En fait, dans ce texte, il n'y a aucun mot « concret ». Vous savez, un mot comme « casserole » ou « tourne-vis », un truc concret que tu peux toucher dans la vraie vie. Non, il n'y qu'une longue liste de mots comme « philosophie, permettre, dévoiement, culte, application, exigence, contestation ». Bon, j'arrête là, je sens bien que je suis en train de vous perdre. Remarquez, c'est vrai qu'on parle quand même de « Margaret Thatcher ». Ça c'est du concret, mais ce n'est pas non plus comme si elle était au top de sa forme ! Et puis, évidemment, il y a le mot « fascisme », le fameux mot qui fait peur. Personnellement, je n'y suis jamais allé au « fascisme ». Et quand je vois la photo de l'auteure sur l'article, je me dis qu'elle aussi est un peu jeune pour l'avoir connu de près un jour dans sa vie. Je pense que mon grand-père y est allé, au fascisme, il y a très longtemps. Mais il n'a pas pu nous raconter quoique ce soit à ce sujet vu qu'il était déjà mort depuis six mois quand ma grand-père a récupéré son corps à la fin de la guerre. Bon cela dit, sans vouloir trop m'avancer et même sans avoir vu le « fascisme » de près, j'ai quand même l'impression que c'est un peu plus pénible que de faire la file au Mc Donald's ou se taper une évaluation de fin d'année au bureau. Toutefois, je ne veux pas mettre en question l'indignation de la présidente de l'Association syndicale de la magistrature. On sait qu'il y a un gros problème de financement de la justice et les magistrats sont débordés. Mais il y a quand même une lueur d'espoir : ils ont encore le temps de prendre la plume pour s'exprimer librement.